Le rempart : Islam tolérant, démocratie et développement social face à la menace djihadiste

islamLes pays du nord méditerranéens ont été pendant longtemps habitués à des menaces identifiées, trafic de stupéfiants, immigration clandestine, violences par une nouvelle génération d’immigrés en mal d’intégration dans les pays d’accueil, sans oublier certains comportements xénophobes provocateurs, symptômes d’une société déréglée qui laisse penser à d’autres temps ; cités-ghettos, discrimination dans le logement, discrimination dans l’emploi, discrimination scolaire et discrimination dans l’accès aux soins. A cela s’ajoute, sous prétexte de refus du communautarisme et de l’ethnicité, la négation des cultures d’origines et notamment la religion lorsque l’Islam est revendiqué.

Mais cette situation a été pendant plusieurs décennies gérable, jusqu’au moment où apparait l’imprévisible ennemi de tous ; le terrorisme, c’est-à-dire celui qui tue sans distinction de race ou de religion dans le but d’intimider. Il s’agit de membres d’une organisation clandestine basée hors des frontières des pays afin d’exercer une pression sur les gouvernements en place, par le biais d’actes de violence dirigés contre des gouvernements et même contre des populations.

L’on pourrait s’interroger sur le fait que des hommes de raisons en arrivent à cette extrémité qu’est le meurtre globalisé ; l’explication, si l’on veut bien l’admettre comme telle, parviendrait de l’évolution en terre d’islam des rapports entre le temporel et le spirituel et la confusion des relations entre le religieux et le politique.

Au Maroc, la symbiose entre une orthodoxie sunnite d’apparence libérale et des aspirations politiques et socioreligieuses de l’ensemble des populations marocaines musulmanes a été couronnée par l’institution de la commanderie des croyants. Le roi, Amir el Mouminine, est défenseur de l’unicité du rite et protecteur de la spiritualité contre toute atteinte émanant de l’extérieur. Organisation et réorganisation du champ religieux se succèdent pour mettre à l’abri les valeurs sacrées et unies de la foi et des pratiques religieuses authentiques contre toute tentative de déviation d’évangélisation, de sectes immorales, ainsi que de pratiques contraires aux règles de la sunna.

Dans le préambule de la constitution de 2011, il est précisé : « se fondant sur ces valeurs et ces principes immuables, et fort de sa ferme volonté de raffermir les liens de fraternité, de coopération, de solidarité et de partenariat constructif avec les autres Etats, et d’œuvrer pour le progrès commun, le Royaume du Maroc, Etat uni, totalement souverain, appartenant au Grand Maghreb.

L’article 19 de la constitution marocaine stipule :

« L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et des libertés à caractère civil, politique, économique, social culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. L’Etat marocain œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé à cet effet, une autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination ».

Dans sa politique africaine, le Maroc ne limite pas son action à son savoir-faire dans le domaine économique, mais intervient également par un apport spirituel afin de contribuer à une réforme de l’Islam africain qui a longtemps rassurer par sa modération et sa tolérance, et qui connait depuis plus d’une décennie une évolution inquiétante.

L’intégrisme qui se déploie dans toute la région et qui prône le djihad n’est que la résultante d’une conception de l’islam à travers ces docteurs rigoristes de la foi. Cet intégrisme considère que la majorité des sociétés musulmanes n’observent pas scrupuleusement la chariâa, à l’instar des sociétés jahiliya préislamiques.

Ce courant a été porté par la vague d’un extrémisme religieux qui, du Moyen Orient parvenu au Maghreb et en Afrique de l’ouest depuis que les échanges dans le domaine spirituel entre le Maroc et l’Afrique de l’ouest, ont connu non pas une rupture, mais une forte atténuation.

Le Maroc avait pendant longtemps apporté à l’islam africain beaucoup, particulièrement dans les pays Sahéliens. L’islam, en Afrique de l’Ouest, a toujours été considéré comme un culte ouvert, loin des outrances fondamentalistes.

Le Maghreb et les pays de l’Afrique de l’ouest, dans leur vocation, sont à même d’être, pour leur propre compte, des laboratoires régionaux qui participent à la lutte contre le terrorisme. Cela suppose que la décision politique soit capable de sortir de ses limites, issues du nationalisme post-indépendantiste et de s’engager dans un voisinage de complémentarité, le bon pari commence par là.

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