Maroc : un royaume séculaire souverainement installé dans son assise territoriale historique

maroc-integriteLe Maroc, Etat-nation dont les frontières s’étendent de la Méditerranée jusqu’aux frontières avec le Chenguite, a été autrefois un vaste empire unifiant le Maghreb et l’Andalousie. La région au cours de son histoire a donc connu une brillante civilisation.

Sans remonter plus loin dans l’histoire ancienne, tout le débat sur les traités connus ou secrets ayant précédés le partage de l’Afrique, il ne peut-être pas inutile de rappeler brièvement quelques faits et actes des puissances coloniales dont la responsabilité dans le déclenchement et le pourrissement de certains conflits est incontestable.

Dans une correspondance du ministre français des affaires étrangères à son collègue de l’intérieur, datée du 9 janvier 1886, celui-là disait : « qu’il aurait plus d’inconvénients que d’avantages à préciser dans le Sahara   les limites de l’Algérie et du Maroc… le gouvernement français paraît avoir eu alors pour doctrine que la meilleure des frontières était celle qui n’était pas déterminée… cette doctrine offrait un double avantage : on évitait de soulever de délicats problèmes de souveraineté, on ménageait d’autre part l’avenir d’une éventuelle expansion en direction du Maroc ».

Le pernicieux partage colonial a engendré des Etats artificiels, Etats importés et Etats Inadaptés. A peine les indépendances étaient-elles acquises qu’apparaissait la fragilité de ces Etats fictifs. Comment, dans de telles conditions d’émiettement territorial, les nouveaux pays, enserrés dans des frontières héritées de la colonisation, pouvaient-ils réussir leur entrée sur la scène internationale ? Le grand dessein panafricain qui avait soudé, des décennies durant, les combattants des indépendances se désagrégea au contact des ambitions personnelles. La colonisation bouleversa totalement le rapport à l’espace politique et, partant, chamboula les modes de vie et les sentiments identitaires. Les colonisateurs avaient tracé des frontières pour partager leurs zones d’influence. Ce sont ces mêmes frontières, pour la plupart tracées à la règle, que les Etats africains nouvellement indépendants ne voudront pas remettre en cause. On massacre, on déporte, pour les nouveaux dirigeants africains l’espace est devenu le support du pouvoir.

A propos du cas du Maroc, l’écrivain Juan Goytisolo (prix Exopalia) déclarait : « le dogme de l’intangibilité des frontières coloniales appliqué à la lettre aurait donc consacré l’existence sur le sol marocain d’une demi-douzaine d’entités indépendantes : un état rifain dans la zone Nord de l’ancien protectorat espagnol, un autre dans la ville libre de Tanger, un troisième dans le protectorat français, un quatrième à sidi Ifni, un cinquième à Tarfaya et un sixième dans le Sahara occidental. »

Le Maroc n’a jamais été un état expansionniste. En nourrissant cette illusion, les adversaires du Maroc ignorent ou veulent ignorer la solidarité que crée l’islam entre musulmans et méconnaissent en même temps le pouvoir spirituel qu’ont exercé les souverains du Maroc en venant en aide aux musulmans au Maghreb et en Afrique Subsaharienne où l’islam a été répandu grâce à des missionnaires marocains comme l’atteste aujourd’hui les pratiques religieuses dans beaucoup de pays africains, du rite malékite et de la lecture du Coran selon la méthode Warch.

En récupérant son Sahara, le Maroc n’a fait que concrétiser définitivement son prolongement africain et son établissement définitif dans ses frontières historiques. On ne peut pas parler de son parachèvement territorial sans se rappeler cette réflexion du regretté Michel Jobert : « dans cette affaire planent deux logiques : ou bien les ressources sahariennes servent au développement des populations du Nord, nombreuses et peu favorisées. Alors le Maroc n’a pas tort. Ou bien l’unité de la zone saharienne dans ses ressources et ses populations est reconnue : alors il faut revoir toutes les frontières et accepter la création d’un Etat riche peu peuplée très étendu.»

Victime d’un grand charcutage colonial, l’héritage frontalier du Maroc a pesé lourdement dans ses rapports avec son voisin algérien, à telle enseigne que cela est devenu un point de fixation quasi-morbide.

 L’attitude algérienne se fondait sur le prétendu principe de l’intangibilité des frontières coloniales. Le Maroc a en effet défendu l’inopposabilité de ce principe en recourant à un autre principe à savoir l’intégrité territoriale des états. Sa thèse est aussi fondée sur des précédents historiques édifiants. Il ne faut pas oublier que d’autres Etats comme le Maroc n’ayant pas recouvert entièrement la totalité du territoire censé être le leur au moment de l’occupation coloniale, n’ont jamais cessé de mener des actions, en vue de parachever leur intégrité territoriale.

Pour assoir davantage son argumentation, le Maroc avance d’autres éléments ayant traits à la constante de son attitude, quant à son territoire et ses limites aux fondements juridiques de sa position et enfin au combat politique et diplomatique qu’il a mené depuis son indépendance pour le parachèvement de son intégrité territoriale, qui malheureusement s’est étalé dans le temps.

 

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