Quand les pseudos slogans révolutionnaires faisaient obstacle à l’union : le Maghreb des peuples

maghreb-peuplesDepuis les indépendances, l’idée de la constitution du grand Maghreb n’a jamais cessé de hanter les esprits des peuples et des dirigeants de la région. Mais des facteurs divers, l’opposition politique et idéologique entre les régimes en place et surtout l’existence de problèmes réels de frontières entre autres, ont fait que l’idée même du Maghreb et aussi le contenu à lui donner ne recueillaient toute l’élite politique de la région.

Il serait illusoire de compter uniquement sur le temps pour parfaire ce que les hommes devraient faire. Comme il serait ingénu de croire que les échanges humains et économiques seraient à même de créer une dynamique maghrébine devant aider à diluer les problèmes politiques persistants. Et si tout le monde convient de la nécessité d’une option politique volontariste intensément partagée, force est de reconnaitre que les différents partenaires n’y mettent pas la même foi.

Entre les difficultés actuelles et futures d’une part, et la chimère, aventureuse mais prometteuse, d’autre part, les peuples et Etats maghrébins ont tout intérêt à essayer de pratiquer cette dernière. Le Maghreb est un rêve. Il peut et devrait devenir une réalité. Il suffit de le vouloir, d’y croire et d’y mettre la foi et la force nécessaires.

Il est établit en effet que la construction maghrébine a souffert de la mésentente algéro-marocaine et à la constance de la diplomatie algérienne traduite par une stratégie d’obstruction. Seule une solution du problème saharien prenant en charge les intérêts et les susceptibilités des uns et des autres et évitant impérativement les blessures poserait les jalons nécessaires pour un Maghreb solide et porteur d’espérance. Une fois cette option prise, l’ensemble maghrébin gagnerait davantage en crédibilité et en chances de réussite en élargissant son espace de coopération notamment dans le cadre d’un pôle régional se situant en méditerranée occidentale.

La logique réclamant la formation d’un Etat au Sahara prétend ne pas viser la sécession à l’égard du peuple marocain et qu’elle est prête à accepter tout rattachement à une unité basée sur les principes populaires et démocratiques. Cette logique estime nécessaire de distinguer entre le Maghreb des peuples et celui des Etats. Aberration qui, aujourd’hui, appartient à une époque révolue.

Le poids de l’Histoire est déterminant entre les deux peuples algérien et marocain, ils ont dans leur passé baigné ensemble dans une atmosphère de mysticisme, c’est-à-dire cet islam soufi qui faisait école et qui en appelle à ce qu’il y a de meilleur en nous : fraternité, solidarité, responsabilité, humilité et patience, les deux peuples furent unis dans le combat pour l’indépendance. Ils ne peuvent se résigner aujourd’hui à la politique du pire. Alors, revisitons notre histoire commune, mais objectivée et décolonisée.

L’émir Abdelkader disait dans ses écrits spirituels, Kitab Al Maouakif, que «  celui qui a trouvé son frère n’a rien perdu, et celui qui l’a perdu n’a rien trouvé ». Le temps n’est plus aux visions rétrécies, et nos deux peuples ont le droit de rêver d’un avenir radieux et plein de promesses.

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