Maroc et l’Union Européenne : pour un dialogue nécessaire et salutaire. Le dialogue ou le chaos ?

dialogue-maroc-uePour qu’il y ait un lien solide entre l’Union Européenne et le Maroc, encore faut-il qu’il existe du coté des deux rives de la Méditerranée, Sud et Nord, une volonté de décider à le valoriser et à ne pas le considérer comme une simple courroie de transmission.

Dans le cas de la crise, que connaissent actuellement les rapports entre le Maroc et l’Union Européenne ? Le dialogue est-il possible ?

Pour le rendre possible, il importe de l’inscrire dans le cadre d’une nécessité et d’une velléité d’indépendance d’esprit par rapport à la pression des manœuvres extérieures. Le dialogue doit être dépassionné, dédramatisé et décolonisé.

Pourtant, c’est le Maroc que l’Union Européenne avait choisi en 2008 comme pays auquel elle avait accordé un statu avancé. C’est ce Maroc-là qui fait le gendarme de l’Europe en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine qui voit aujourd’hui ses accords remis en question à cause d’un jugement unique et d’une compilation de bavures judiciaires, rendu par un tribunal instrumentalisé qui s’était basé sur des arguments inconsistants et des supputations infondées dans le seul but de nuire au Royaume du Maroc.

La crise entre l’Union Européenne et le Maroc découle donc d’une décision de première instance de la cour de justice de l’Union Européenne qui recommande l’annulation de l’accord agricole entre le Maroc et l’Union Européenne sur fond de l’affaire du Sahara.

Les juges de la cour, qui sous prétexte d’appliquer les principes du droit, ignorent tout des subtilités et des sensibilités de la politique étrangère. L’Europe devra donc faire le choix entre la nécessité de prendre en compte dûment les intérêts du Maroc ou se laisser conduire sur une voix qui lui est préjudiciable en mettant en jeux ses alliances stratégiques dans une conjoncture marquée par de graves enjeux sécuritaires.

Dans les documents conjoints Union Européenne – Maroc sur le renforcement des relations bilatérales statu avancé, il est précisé que : « Le groupe de travail considère que le partenariat Maroc-Union européenne, initié dans le cadre de l’accord d’association et de la politique européenne de voisinage, a permis un renforcement des relations politiques, économiques et commerciales ainsi qu’un développement soutenu des échanges culturels et humains. Ce partenariat traite désormais également des domaines stratégiques liés à la sécurité collective, à la coopération régionale, à la résolution des conflits, à la bonne gouvernance, à la lutte contre le terrorisme, à la régulation des flux migratoires, à la promotion des droits de l’homme et à la coopération en matière d’emploi et affaires sociales. Il s’étend à de nouveaux domaines tels que la coopération énergétique, la recherche et l’innovation, l’environnement et le développement durable. Dans cette perspective, le renforcement des relations bilatérales a pour ambition d’accompagner la dynamique endogène que connaît le Maroc et d’accélérer le mouvement du partenariat Maroc – Union européenne. Sa concrétisation sera mutuellement bénéfique. »

Les réformes engagées par le Royaume du Maroc depuis plus d’une décennie ont été saluées à plusieurs reprises par l’Union Européenne. Le Maroc a respecté scrupuleusement ses engagements.

Le royaume, qui souhaite la normalisation de ses rapports avec l’Union Européenne, souhaite que ces rapports soient mis à l’abri de toute conspiration car il y va de l’avenir de tout un espace communautaire.

Cela est d’autant plus vrai qu’on assiste depuis quelques temps à la formation de grands ensembles ; en effet à une période où trois grandes zones politico-économiques se dessinent, – le Japon dans son aire asiatique et au-delà, l’Amérique du Nord après la conclusion du traité de libre-échange entre les Etats-Unis et le Canada avec un possible d’élargissement au Mexique sous une certaine forme et une sorte d’Europe confédérale en perspective –, la constitution de ce qu’on peut appeler des petits pôles régionaux auxiliaires, se présente comme une nécessité urgente. Le cas des pays de l’Europe avec ceux du Maghreb en constitue un cas édifiant et une opportunité prometteuse. Cette option est d’autant plus urgente que de nombreux facteurs d’ordre divers plaident dans ce sens.

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