La Mauritanie : le Maroc un allié loyal

roi-mohammed-vi-et-le-president-mohamed-ould-abdel-aziz-maroc-mauritanieIl n’est pas possible d’étudier le Maroc d’un point de vue historique, ethnographique et géographique sans aborder ses relations sahariennes et transsahariennes. La fonction propre et l’originalité du Maroc, c’est d’être à tout égard, le lien et le lieu de passage entre l’Europe méditerranéenne et l’Afrique. Ignorer ce qui lui est venu par le Sahara et le rayonnement de son action à travers le désert, c’est le mutiler et se condamner à ne pas le comprendre. Entre la Mauritanie et le Maroc, existe un attachement consanguin qui unit les deux peuples et ce n’est pas de la rhétorique.

Depuis le déclenchement du conflit du Sahara, l’Algérie et le Maroc dispute la proximité avec la Mauritanie, mais le Maroc a des atouts tribaux et historiques dont l’Algérie ne peut se prévaloir. La Mauritanie n’est pas une barrière que franchissent mal les idées et les hommes, et ses relations avec le Maroc ont été l’empreinte d’une confiance partagée, avec les dirigeants Mauritaniens. Quels qu’ils soient, les deux pays ont toujours réussi à bâtir une coopération bilatérale avantageuse pour les deux pays, dans des domaines importants, diplomatiques, économiques culturels et naturellement militaires.

C’est en 1969 que le Maroc et la Mauritanie ont décidé de nouer des relations diplomatiques, et instaurer entre les deux pays des liens de coopération basés sur le respect et la non-ingérence réciproques, relations appuyées sur un traité, œuvre des défunts roi Hasan II et président Moktar Oued Daddah qui dans ses mémoires « la Mauritanie entre vents et marées », rappelle cette période vécue avec le défunt souverain en ces termes : « pendant cette période que nous affrontions ensemble, il n’a jamais cherché à tirer profit de sa position de force, à se montrer arrogant donc à nous humilier. En un mot, il a été un allié loyal et respectueux de ses engagements. Respectueux aussi à l’égard de son partenaire plus faible que lui. Un comportement digne d’éloges ». Son successeur le roi Mohammed VI a toujours adopté un style connu par un comportement convenable empreint d’estime, de considération et de respect à l’égard des amis et les alliés au royaume et même parfois avec ceux qui ont choisi l’adversité.

Dans le cas de la Mauritanie, le conflit saharien a revêtu depuis son déclenchement, un caractère interne. Les populations de la région sont issues des mêmes tribus, qui chevauchent sur les deux territoires et qui ont tissé un faisceau de relations inextricables en transhumance depuis la nuit des temps, entre les deux territoires. En entraînant la Mauritanie dans le conflit du Sahara, l’Algérie et le Polisario visaient l’éclatement tribal du pays. Lorsque la Mauritanie a été attaquée par le Polisario (le 8 juin 1976 et le 3 juillet 1977 à Nouakchott et le 1er mai 1977 à Zouérate), l’armée mauritanienne, toute appartenance tribale confondu, avait sans hésiter défendu le pays. Mais cette triste et sanglante confrontation avait laissé des cicatrices indélébiles et une certaine animosité entre ceux qui avaient soutenu la guerre et ceux qui s’y étaient opposés.

On pourrait considérer que l’Algérie qui était, contrairement au Maroc, moins proche du Sahara et des sahraouis, ainsi que de la Mauritanie et des Mauritaniens, au plan humain, géographique et politique, avait commis des erreurs d’appréciation quand il a sous-estimé l’intérêt stratégique du Sahara pour le royaume et le prix que ce dernier serait prêt à payer.

L’Algérie a également misé sur le Polisario qui continue de réclamer « l’indépendance totale ou rien », entrainant les populations sahraouies déplacées sur le territoire algérien dans des conditions inhumaines et dans une aventure qui parait sans fin. Mais le projet le plus anachronique, c’est celui avoué en 1976 par le président Boumediene qui, dans sa réponse à une question du correspondant du Monde à Alger à l’époque Paul Balta, n’a pas exclu l’éventualité de la création d’un grand ensemble saharien sous la direction du Polisario, englobant toutes les régions qui constituent l’aire de mouvance des maures de l’Oued Draa au fleuve du Sénégal.

Pour l’Algérie, la monarchie marocaine avait suffisamment de problèmes intérieurs pour que le Polisario, puisse « l’achever ». Quant à la Mauritanie, elle n’est qu’une proie facile. L’échec de cette approche a prouvé son manque de réalisme. Au Maroc, la monarchie s’est considérablement consolidée par la récupération du Sahara.

Aujourd’hui le seul souci du Maroc est la stabilité de son voisin la Mauritanie et ses relations de bon voisinage avec ce pays frère doivent être porteuses d’espérance et de paix. Le Maroc restera toujours un allié loyal de la Mauritanie, dont le devenir est du ressort exclusif de son peuple souverain.

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