Responsabilité, décentralisation et autonomie

Au Maroc, la reconnaissance des spécificités des territoires n’est pas un vain mot. En effet, le Royaume a entrepris, depuis les années 70, une vaste politique de décentralisation, afin de permettre aux acteurs locaux de maîtriser une partie de leur destin. En termes économiques, cette politique est particulièrement flagrante, et a été renforcée en 2002 avec l’arrivée des CRI (Centres Régionaux d’Investissements). Véritables guichets uniques de l’investissement, ces centres régionaux ont pour mission d’accompagner les entreprises dans leurs démarches et d’identifier avec elles les niches les plus intéressantes.
Ils concourent à une réforme plus globale de la région, avec une augmentation croissante des prérogatives octroyées aux communes en matière de fiscalité, de gestion de bâtiments publics et de démocratie locale.
Ainsi, cette dynamique s’inscrit dans une réhabilitation de la politique locale, et les batailles municipales qui s’engagent depuis 2002 sont l’illustration la plus cinglante que la région et les communes sont devenues des lieux où la politique s’exerce, s’administre, au lieu d’être subie.
Au Maroc, l’intégration régionale signifie également que l’état central exerce son devoir de soutien à l’égard des régions qui  ont été défavorisées, soit par l’histoire, soit par les géographie.
Ainsi, l’état ne se contente pas d’effectuer une gestion déléguée, il intervient également pour soutenir les communes en difficulté, où celles en proie à des pratiques de mauvaise gouvernance. Cette politique de « checks and balances », où l’état central se désengage de la gestion locale tout en gardant une vigilance certaine représente l’avènement d’une doctrine de décentralisation qui a atteint son apogée avec la présentation à l’ONU en Avril 2005 de l’initiative d’autonomie pour les provinces du Sud, véritable laboratoire de la démocratie locale.
En effet, le Royaume du Maroc, en offrant aux provinces du Sud le statut d’une large autonomie s’inscrit dans un cadre historique cohérent (la politique de décentralisation), mais adresse égalent un conflit trentenaire, englué dans les sables du Sahara et des stratégies de puissance régionale.
Trente ans, c’est l’âge de raison, il est temps que le Sahara s’autonomise et que les concitoyens qui vivent dans des camps, dans le sud-est de l’Algérie exercent leur droit au retour, et ce dans un Maroc qui a compris l’importance de la reconnaissance des identités régionales.

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