Veille, vigilance et respect du voisinage les frontières Est du Maroc étanches et perméables

frontiere-algero-marocainePar une obstination qui dure depuis des décennies, l’Algérie persiste dans son adversité envers le Maroc. La frontière entre les deux pays a été depuis l’indépendance de ce pays, curieusement un espace de méfiance. L’exercice d’un pouvoir territorial ne peut en aucun cas être conçu sans le respect des règles de bon voisinage car la frontière qui n’est qu’un instrument juridique, doit traditionnellement présenter quatre caractéristiques à savoir : être certaine, complète, définitive et paisible. La pratique ne laisse aucun doute que les caractéristiques ne se trouvent malheureusement pas réunies dans le cas des frontières algéro-marocaines.

C’est par des instruments forgés dans l’imprécision et la confusion voulue, qu’a été effectué le traçage des frontières entre les deux pays. L’article 6 de la convention de Lalla Maghnia, le 18 mars 1845, considère que pour des raisons de manque d’eau et de désert, la délimitation des lignes frontalières en serait superflue.

La frontière Algéro-marocaine qui prolonge tout l’Est du pays, touche plusieurs milliers d’habitants et plus de huit provinces qui sont Berkane, Oujda, Jerada, Figuig, Errachidia, Zagora, Tata, Assa Zag et le territoire des provinces sahariennes.

Les autorités algériennes procèdent à des études hydrologiques, aménagent des routes et pistes vers les zones frontalières et édifient des agglomérations, alors que du côté marocain, malgré les efforts déployés, beaucoup reste à faire et les consignes données pour ne pas tomber dans le piège de la provocation paralysent l’action. Des produits nocifs comme le karkoubi, un dérivé de drogue, et autres produits alimentaires frelatés transitent en quantité importante par les frontières algéro-marocaines.

Les intentions cachées ou exprimées ne manqueront pas d’alibi, et l’espace frontalier demeure suspect et imprévisible. On ne peut expliquer le comportement des dirigeants algériens qu’à un dérivatif à des problèmes de politique et un échec d’ambition hégémoniste. Leur hystérie les pousse à acquérir un important arsenal d’armement très coûteux et inquiétant.

En l’absence de frontières stables, inconnues et volontairement ignorées, les citoyens résidant dans les zones des confins ont toujours fait preuve de leur patriotisme pour la sauvegarde de l’étanchéité des passages contre toute tentative de provocation ou de déstabilisation. Cette prise de conscience, on la rencontre chez toutes les tribus, qu’elles soient des Benisnassen, des Oudaghir, des Oulad Jrir, des Doui Menia, des Ait khabach, des Ait Oussa, des Tekna, des Ait Ba Amrane, des Rguibat ou des Oulad Delim ou autres et cela malgré leurs pénibles conditions de vie. La majorité des populations habitant des frontières de l’Est appartiennent à des tribus amazighs fières de leur identité et leur culture attachées aux institutions respectueuses des valeurs islamiques tolérantes, croyantes et pratiquantes mais tels que leurs ancêtres l’ont pratiqué depuis des siècles, elles n’ont été influencées que très relativement par les courants extrémistes.

Les populations des frontières de l’Est doivent être impliquées, aidées, motivées dans leur mission d’autoprotection et averties pour déjouer toutes les provocations qui peuvent résulter d’incursions volontaires, involontaires ou inopinées. Elles doivent être responsable dans leur devoir de citoyen remplissant aux cotés des autorités, des tâches d’ordre de sécurité et stabilité. Elles l’ont toujours prouvé et le prouveront d’avantage si elles ressentent qu’elles sont dignes d’intérêt.

Chez les deux peuples algérien et marocain, le sentiment national confère à la frontière une valeur de symbole en plus du souci de sécurité. La frontière algéro-marocaine apparait comme une construction artificielle, purement politique, que la société civile, de part et d’autre, transgresse quotidiennement pour des raisons diverses.

Envisagée dans une perspective régionale, cette frontière influe directement sur les populations locales, qui vivent dans les villages frontaliers. De par leur positionnement géographique, elles sont dans des structures sociales originales et marginales. Ces populations se considèrent comme algériennes et marocaines à la fois, une double identité qui se traduit dans leurs pratiques quotidiennes, alimentaires, langagières et vestimentaires. Sommairement, on s’habille, on parle et on mange de la même manière dans les deux régions.

De la contrebande vivrière aux réseaux organisés, les régions de Maghnia et d’Oujda sont devenues depuis la fermeture des frontières terrestres de véritables routes de passage pour les habitants en quête de maintien du lien familial. Ils sont également des centres d’affaires pour les « trabendistes ».

Que ceux soient les camps de réfugiés de Tindouf, les expulsés d’Algérie en 1975 ou la douloureuse séparation actuelle entre familles algériennes et marocaines, rien n’est plus odieux sur le plan moral que cette détresse infligée aux victimes des ruptures familiales par la séparation avec l’absent vivant. L’Islam condamne le bannissement. Les frontières algéro-marocaines doivent être ouvertes à la libre circulation des personnes et des biens, ce qui constitue une condition essentielle à la pérennité et au développement des deux sociétés libres et solidaires. Surveillées pour faire face au banditisme et au trafic qu’il draine dans son sillage – drogue, contrebande, trafic d’armes – le laxisme n’est plus permis, une stratégie concertée s’impose pour endiguer toute criminalité organisée ainsi que les phénomènes connexes, défi que l’Algérie et le Maroc doivent relever en pleine coresponsabilité.

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