Pour mémoire au Nord du Mali, Tombouctou une capitale spirituelle et intellectuelle de l’Afrique subsaharienne

tombouctouMystérieuse cité africaine dont le nom magique a suscité pendant des siècles, des théologiens (Oulémas) des poètes et chercheurs Tombouctou est aussi une ville touristique au puissant pouvoir attractif.

Bien que certains explorateurs coloniaux aient refoulé dans leurs récits l’apport du Maroc dans cette région, les vestiges de cette période d’or, encore là malgré les siècles passés, pourront en témoigner. La ville qui porte au plus profond de son âme la passion du Maroc, c’est Tombouctou. « Exquise, pure, délicieuse, illustre cité bénie… », Comme l’a décrite le chroniqueur Abderrahmane Saadi, auteur du Tarikh Es-Soudan, la cité mystérieuse continue à manifester une grande affection pour le Maroc. Voici cinq siècles déjà, Tombouctou était l’agora des négociants et des banquiers. Près de douze mille chameaux, chaque année, transitaient par cette cité. Centre de ralliement des chameliers du Sahara et des bateliers du Niger. Du Maghreb et du Sahara affluaient les chargements de sel, d’épices, de soie, de cuivre ou d’étain. Du sud arrivaient des pirogues entières de noix de kola, d’or, d’ivoire, de plumes d’autruches. Tombouctou était aussi la ville du savoir. La mosquée de Sakoré abritait une medersa au rayonnement international où des étudiants de tout le monde musulman venaient compléter leurs connaissances. Des jurisconsultes marocains de Fès faisaient le voyage de Tombouctou pour renouveler leur savoir.

La perle du désert a gardé les traces de la civilisation marocaine. Des familles d’origine marocaine y vivent encore. « On les appelle les familles chérifiennes parce qu’elles ont une descendance royale. Leurs femmes ont conservé l’élégance et le savoir faire des femmes marocaines. Les habitants de Tombouctou ont une grande affection pour leurs aïeux.

A 220 km au nord de Tombouctou, en plein milieu du désert, se trouve un village nommé Boujebaha. Les cinq cents habitants qui y vivent sont d’origine marocaine. Il y a déjà trois siècles qu’ils s’y sont installés. Jusqu’au début du vingtième siècle, ils ont vécu sous la protection du Sultan du Maroc et ont été exonérés d’impôt. Ils ont toujours entretenu des relations très étroites avec leurs ancêtres marocains et conservent de nombreux documents et lettres historiques.

La pancarte située à la sortie du village indiquant 52 jours à dos de chameaux de Tafilalet, dans le sud du Maroc, est le témoignage le plus éloquent de leur attachement à leurs origines.

A l’instar de Fès, Tlemcen et Kairouan, Tombouctou a brillé en tant que capitale religieuse et intellectuelle de l’Afrique subsaharienne connue par son rayonnement qui continue toujours de fasciner.

Entre le Mali et le Maroc, il n’y a pas d’histoires, il n’y a que l’Histoire. Les relations entre les deux pays sont des relations très anciennes. Entre ce qu’est le Mali aujourd’hui et le Maroc aujourd’hui, il y a un brassage humain, des relations tissées par l’histoire, le sang, que les deux pays ont le devoir de renforcer et de maintenir au niveau le plus élevé possible. Deux vieux pays, deux vieilles civilisations, deux vielles nations, il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait pas des relations qui soient portées au plus haut niveau et qui soient renforcées.

Pour ces raisons le Royaume du Maroc ne peut rester indifférent à la paix et à la sécurité du Mali. Il appelle à une solution de la crise du Nord du Mali et qui menace son unité et son intégrité territoriale. Pour qu’elle soit légitime et pour qu’elle perdure cette solution ne doit être imposée par une partie étrangère qui empêche la solution d’un autre différend qui menace toute la région.

Le Maroc a été sollicité par le gouvernement malien pour contribuer à la paix dans le Nord du Mali. Dans le communiqué conjoint à l’issue de la dernière visite du roi Mohammed VI au Mali. On relève ce passage significatif : « Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République du Mali a remercié le Roi du Maroc pour son engagement constructif dans la facilitation d’une solution politique à la crise qui sévit au Nord du Mali, dans le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale ».

Dans une interview accordée au journal Maliweb.com, le président Malien a déclaré : « je puis vous dire que c’est à la demande du président du Mali que sa majesté a ouvert ses portes au MNLA. Je puis encore ajouter que le contact établi entre sa Majesté et nos frères du MNLA a été hautement positif. Je puis enfin vous dire que le Maroc est un allié sûr qui fut parmi les premiers à condamner les visées sécessionnistes au Nord du Mali. »

Le Maroc a toujours témoigné son engagement ferme pour la stabilité du Mali, son intégrité territoriale, sa paix et son développement. Selon Monsieur Bilal AG Cherif, secrétaire général du MNLA, le roi Mohammed VI a encouragé le mouvement Azawad de continuer à s’inscrire dans le cadre de la dynamique régionale initiée par l’ONU et le CEDEAO pour parvenir à une solution définitive de la crise actuelle.

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