Maroc – Afrique du Sud : quand la diplomatie parallèle joue son rôle

anc-marocLa présence au Maroc d’une délégation de l’A.N.C. (African National Congress), parti au pouvoir en Afrique du Sud, augure-t-elle une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays ?

Si l’on se réfère à la lutte commune menée par les deux peuples, cela n’est pas à exclure. Le Maroc a connu la colonisation au Nord et au Sud par la France et l’Espagne, au Nord, le statut international de Tanger et au Sud, l’occupation du Sahara par l’Espagne. La Libération n’a été obtenue qu’au prix de grands sacrifices. Le royaume est le premier pays à avoir déclenché une révolution en Afrique : celle d’un roi et d’un peuple. C’est cette révolution qui a secoué aussi bien le colonisateur que les esprits éveillés en Afrique. Le Maroc qui se considère comme membre à part entière de la famille africaine, ne s’est jamais vanté et ne se vantera jamais des aides et des soutiens qu’il a apporté aux mouvements de libération africains, notamment à l’ANC en Afrique du sud qui luttait contre l’apartheid, une idéologie qui a façonné l’imaginaire des colons européens en Afrique du Sud construisant un passé dans lequel les africains n’apparaissent que sous la forme d’obstacle au progrès de la civilisation et de vaincus de tous les affrontements jalonnant l’histoire de cette région. L’apartheid a été la dernière phase la plus violente, la plus dure et la plus combattue aussi dans un long processus de domination, d’exploitation et de dépossession mis en œuvre aux dépends des africains.

Bien que l’ANC ne soit passé à la lutte armée qu’en 1966 alors que Nelson Mandela était emprisonné, le Maroc a été l’un des souteneurs les plus effectifs de la lutte du peuple sud-africain. Ce soutien a été abordé par une grande figure du militantisme marocain, maghrébin et africain, Feu Abdelkarim El Khatib, lors de l’émission « Chahid », diffusée à titre posthume par la première chaine de télévision marocaine le 04 décembre 2008, dans un dans un témoignage incontestablement certain et crédible, en raison de la moralité et de l’honnêteté intellectuelle et politique du défunt.

Monsieur El Khatib révèle : «  j’ai remis une importante somme d’argent, qui m’a été confiée par Feu Hassan II à Nelson Mandela sur la demande de ce dernier. Un avion chargé d’armes a été dépêché par le Maroc à Dar Essalam en Tanzanie pour être remis aux militants de l’ANC et ramener des combattants qui devraient suivre une instruction au Maroc. Lors de son investiture comme président de la république sud-africaine à Johannesburg, Monsieur Mandela a tenu à ce que je me tienne à ses côtés dans la tribune d’honneur distingué par ma djellaba et mon turban blanc. Après la lecture de son discours protocolaire, Monsieur Mandela reprend la parole et reconnait publiquement, et devant plus de 100 00 personnes que le Maroc, à travers sa modeste personne, l’a soutenu pendant sa longue et dure lutte ».

Heureux de recevoir ses frères sud-africains chez lui, le Maroc souhaite qu’ils arrivent à persuader leur gouvernement afin de dégivrer sa vision sur l’affaire du Sahara. Une cause marocaine sacrée qui se fonde sur des facteurs d’ordre historique et juridique. Le Sahara est le prolongement africain du Maroc.

Les acquis que le Maroc à remporter dans sa cause sur le plan international grâce à la clairvoyance de son roi Mohammed VI sont certes une victoire mais cela ne signifie pas qu’une démobilisation intérieure s’en suive. La nation marocaine toute entière et particulièrement sa jeunesse, porteuse de l’étendard de l’espoir du Maroc de demain est prête à tous les sacrifices pour la défense de l’intégrité territoriale de son pays. Il appartient donc à la diplomatie parallèle, partis politiques, groupes parlementaires, syndicats, sociétés civiles de jouer leur rôle pour la diffusion de la véritable image actuelle du Maroc et dans la défense de ses intérêts stratégiques.

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