La méditerranée : un espace de sécurité partagé

mediteranee-securiteLa méditerranée est un pont et un fossé entre le détroit de Gibraltar et le Maroc. Il n’y a que 14 kilomètres mais peu de frontières à la surface du globe concentrent autant d’incompréhensions autour de problèmes communs.

Le Maroc a toujours pratiqué une politique qui vise à dépasser ses incompréhensions. Conscient dès le début du péril terroriste et du crime organisé qui fait aujourd’hui consensus après des années de divergence, les attentats commis sur l’un et l’autre des pays bordiers de la méditerranée s’appuyaient d’une façon ou d’une autre sur un réseau à cheval sur les frontières. Le risque terroriste doit, aujourd’hui et plus que jamais, être pris au sérieux dans la zone qui va du sud du Maroc et de l’Algérie au nord du Tchad, aux confins du Mali, du Niger et de la Mauritanie. Chassés pour la plupart de l’Algérie, leur matrice initiale, des groupes de terroristes ont essaimé dans le Sahel, la hantise d’une jonction des théâtres d’opération alors que Boko Haram déborde au Cameroun jusqu’en République centre africaine. La plupart des groupes armés privilégient les zones sur lesquelles le pouvoir central a peu de prise. Le concept de solution africaine au problème sécuritaire en Afrique semble à la peine outre la faiblesse des capacités. Il serait naïf de croire que les états membres de l’union africaine partagent une vision commune sur la sécurité.

Cette passivité de l’Union africaine à la situation d’instabilité dans le continent semble dû aux disparités entre les diverses régions et aux séquelles du partage colonial. Les trois pays du Maghreb qui sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie qui sont le prolongement géographique de l’Afrique vers l’Europe constituent un relai de contact entre les deux rives de la méditerranée. Ils sont donc en mesure de jouer le rôle de zone de prévention et d’alerte. Cela implique que ces trois pays puissent être disposés à coopérer sincèrement. En matière de lutte contre le terrorisme, le Maroc fait figure de référence grâce à son expérience dans la gestion du champ religieux pour promouvoir un islam ouvert et tolérant sur son territoire mais également en Afrique de l’ouest. Tout en évitant des dérives sécuritaires, le royaume a recours aux technologies de surveillance et entame de différentes bases de données et de renseignements qu’il a toujours était prêt à échanger avec ses voisins. Certains médias européens doivent cesser d’associer l’Islam au terrorisme et de semer la haine. Il faut donc faire échec à cette idée de choc entre les civilisations occidentales chrétiennes et arabo musulmanes. Les problèmes essentiels en matière de sécurité et de paix qu’affronte l’espace méditerranéen implique une compréhension réciproque et une stratégie coordonnée. Les écarts du niveau de vie et de développement, les migrations économiques ont été depuis peu doublé d’une migration de pauvreté en provenance des pays subsahariens créant de véritables problèmes de sécurité au Maghreb, base arrière de l’Europe.

Les pays maghrébins n’ont pas les moyens d’y faire face seuls. Les questions qui se posent aux responsables des deux rives de la méditerranée sont d’abord comment endiguer le phénomène du terrorisme ? Comment mettre en place des mesures de transparence et de dialogue qui éviteraient les incompréhensions. Une réponse serait que les pays du Maghreb s’impliquent d’avantage et négocient avec leur vis-à-vis européen les moyens nécessaires pour faire face à ce péril.

Pour instaurer plus de confiance l’Europe doit s’attaquer à ses maux sociaux notamment cette ambiance d’islamophobie qui s’installe partout et combattre les incompréhensions sociales culturelles et religieuses.

La liste des incompréhensions est vaste et pourtant la méditerranée est un espace dans lequel le Nord et le Sud doivent contribuer à en faire un espace de sécurité partagé.

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