L’ONU : pour une nouvelle approche réaliste et neutre dans le conflit saharien

rossConflit né de la guerre froide, l’affaire du Sahara est toujours entretenue par l’immobilisme. Si le Maroc avait choisi de porter son combat sur le front du droit international, cela n’est pas dû à une démobilisation intérieure. Le Maroc a fait preuve de son respect pour la légalité internationale en apportant sa collaboration avec l’ONU pour qu’elle puisse aller jusqu’au bout afin d’éviter tout reproche éventuel de ne pas avoir usé de toutes les voix susceptibles d’aboutir à une solution juste et équitable du conflit.

Parallèlement à la résolution 2152 du Conseil de sécurité qui a prorogé le mandat de la MINURSO jusqu’au mois d’Avril 2015, ce qu’on appelle le groupe des amis du Sahara avait proposé l’échéance du mois d’Avril 2015 pour statuer sur un projet de résolution présenter par le secrétaire général portant sur la création d’un organisme onusien sur le contrôle des droits de l’Homme au Sahara.

Le Maroc a jugé inadmissible cette tentative d’immixtions dans ses affaires intérieures par la voix de son roi, lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de la marche verte le 6 novembre 2014 et dont voici quelques extraits : « car L’affaire du Sahara n’est la cause des sahraouis uniquement, le Sahara est l’affaire de tous les marocains et comme je l’ai dit dans un discours précèdent le Sahara est une question d’existence et non une question de frontières. Le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps outre le don de soi les marocains ont consentit d’autres sacrifices matériels et moraux n’hésitant pas à partager leurs ressources avec leurs frères du Sud. […] En ma qualité de garant de l’Indépendance et de l’intégrité territoriale du pays mon devoir est de définir les concepts et les responsabilités dans le traitement des questions avec les Nations Unies. Il m’incombe aussi d’exprimer le rejet par le Maroc des mystifications et des dérapages. […] Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation, en effet, le Maroc dans son Sahara n’a jamais était une puissance d’occupation ou une puissance administrative il exerce plutôt les attributs de sa souveraineté sur sa terre. Non à toute tentative de révision des principes des paramètres de négociations ainsi qu’à toute autre tentative visant à reconsidérer ou élargir le mandat de la MINURSO y compris la question d’observation des droits de l’homme. »

Au Sahara, sous souveraineté marocaine les autorités ont ouvert les portes du territoire aux institutions internationales et régionales et aux ONG à vocation humanitaire afin d’observer sur place le respect des obligations juridiques en matière des droits de l’Homme au Sahara. Dépourvu de toute contrainte, ces ingérences volontairement accepté et favorablement accueilli contribuent à dévoiler certaines vérités mais il ne doit pas échapper qu’il est parfois impossible d’assurer la sécurité sans empiéter dans certaines situations sur la liberté. La liberté et la sécurité apparaissent dans certains cas comme deux impératifs à la fois contradictoires et solidaires qu’il convient de concilier mieux. « La cour européenne des droits de l’Homme avait observé que les restrictions aux droits et libertés constituent des mesures nécessaires dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publique ou encore à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale, à la sureté publique, à la défense de l’ordre et la prévention de crime ». En dehors de ces impératifs, toutes les dérives sécuritaires au Royaume et en particulier au Sahara, exposent leurs auteurs à de lourdes sanctions, des évictions, voir même à des condamnations judiciaires.

Plusieurs facteurs expliquent des mouvements sociaux qui se déclenchent de temps à autre au Sahara, la libération de la vie politique, l’exigence des droits de l’Homme, le chômage et contestations de la jeunesse, phénomènes connus un peu partout ailleurs. La presse nationale leur accorde parfois la une, allant jusqu’à ce faire l’écho des mots d’ordres sécessionnistes. Toutes les instances sur le respect de droit de l’Homme sont représentées au Sahara pour recevoir les doléances des citoyens marocains sahraouis victimes d’exactions ou d’abus de pouvoir : tribunaux, conseil consultatif des droits de l’Homme, Diwan Al Mazalim, instance d’équité et de conciliation, il a même été créé une commission des droits de l’Homme au sein des CORCAS.

Mais les droits de l’Homme, en plus des droits politiques, exigent également des droits socio-économiques et un développement humain dans la dignité. Le Maroc a entrepris dès le début toutes les mesures nécessaires pour que les populations du Sahara se sentent globalement intégrées à la société marocaine. Un élan de solidarité a été déclenché par l’Etat et la société civile marocaine pour une mise à niveau de la région du Sahara afin de rattraper le retard dans le développement, la précarité, l’absence totale d’infrastructures de base et l’extrême pauvreté dans lesquels la colonisation a laissé la région.

L’Etat marocain a consenti d’énormes efforts de développement au Sahara qualifiés même de discriminations positives par rapport aux autres régions du Maroc. Les droits de l’homme sont, avant et après tout, dans tous leurs aspects une affaire de défi éthique.

Le retour du médiateur onusien pour le Sahara Christopher Ross intervient après l’entretien téléphonique entre le roi Mohammed VI et le secrétaire général Ban Ki-Moon le 22 janvier 2015 au cours duquel le responsable onusien a assuré au souverain sur la non modification des paramètres de négociation et le respect prorogatives fixés au mandat de la MINURSO par l’accord de cesser le feu du 15 octobre 1991. Le Maroc est toujours disposé à accepter la médiation onusienne dans ce conflit mais dans le cadre de la neutralité et de la non-ingérence.

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