Polisario: Main basse sur l’aide humanitaire.

« Au plus grand malheur des hommes, il y aura toujours quelqu’un pour enfiler les perles », cette maxime d’un grand penseur rappelle le drame des captifs dans l’espace clos et gardé de la honte à Tindouf. Des damnés auxquels le Polisario avait pourtant promis dans son programme général, (3ème congrès du 26 au 30 Août 1976), un Eden et une vie digne à l’abri de tout besoin et d’exploitation. Mais, le Polisario s’est avéré, et cela était prévisible dès le début, un réseau mafieux qui, par des pratiques apprises à bonne école, a mené une politique qui a abouti à fragiliser les structures mentales et sociales au sein des camps, et à dénier aux séquestrés la capacité de se passer de la hiérarchie. L’obéissance d’un captif lui apporte un semblant de sécurité. Le fait que les séquestrés ne peuvent pas prendre l’initiative de se libérer de l’argousin est révélateur d’une peur mais également du « formatage des esprits ».
Au-delà de la pression psychologique, des pratiques inhumaines d’un control rigoureux par un appareil sécuritaire et de renseignements, toujours attentif à tout et à tous. La surveillance continue prend de nombreuse forme, dissimulée ou apparente,  elle couvre tout ce qui est dit, lu ou écrit. Pour éviter toute fuite sur leurs pratiques de détournements et malversations, les dirigeants du Polisario prennent toutes les précautions pour parer à tout contact entre les séquestrés et les visiteurs étrangers.
La plupart des sahraouis vivant au « protocole », (lieu de réception des étrangers), sont des militaires affectés  aux services de renseignements, ceux-ci écoutent tout ce qui est dit entre étrangers, certains ont été surpris en flagrant délit d’espionnage. Les téléphones fixes et mobiles sont sur écoute, selon un officier de la MINURSO, les e-mails seraient lus par les autorités algériennes. Le Polisario fait tout pour convaincre ses sympathisants et ses bailleurs de fonds qu’il gardait bien les choses en mains, et que tout se passait pour le mieux dans les camps.

Les visiteurs étrangers sont manipulés, dans des révélations anecdotiques, Mustapha Bouh raconte : « lorsque j’étais responsable du Protocole en 1989, je m’occupais des visites des délégations officielles. Il m’arrivait d’en piloter deux ou trois différentes. Aux communistes, je montrais des femmes à l’entraînement militaire, aux délégués d’organisations humanitaires, des femmes dignes tendant d’élever leurs enfants dans le dénuement le plus complet, les sociodémocrates avaient droit à des femmes s’impliquant dans le travail social, et quand venu le jour de la délégation iranienne, je leur faisais voir des femmes voilées et soumises. En fait c’était les mêmes femmes qui changeaient le rôle à la demande ».
Depuis plusieurs années, et selon plusieurs sources concordantes, l’aide accordée aux réfugiés par les institutions internationales à titre humanitaire est en grande partie reconvertie en ressources financières déposées dans des comptes bancaires en Europe et en Amérique Latine. Le détournement de l’aide des organisations humanitaires repose sur le différentiel qui existerait entre le nombre réel de réfugiés abrités dans les camps de Tindouf et leur nombre officiellement déclaré, sur base duquel la valeur globale de l’aide nécessaire acheminée serait calculée.
Le communiqué du front populaire pour l’indépendance des Canari, (Frepic Awanac), du 1er Octobre 2000, mettait en cause le conseil municipal du grand Canari qui aurait acquis une villa à Arucas au profil de Mohamed Ben Abdelaziz pour un montant de 52 millions de Pesetas (312 000 Euros). Les fonds provenaient d’après le Frepic des budgets d’aides destinés aux réfugiés sahraouis. Le chef du mouvement ainsi que d’autres responsables auraient souscrit des actions pour d’importantes sommes dans des sociétés en Amérique Latine. Des techniques de détournements sont utilisées, telle que des doubles factures du transport ainsi que d’autres frais fictifs.
Dans le cercle des influents on retrouve Mohamed Ould Didi, gestionnaire de la fortune de Mohamed Ben Abdelaziz et de son épouse et ministre de la culture Khadijattou Bent Hamdio, Ould Didi gère également les différents aides que reçoit le Polisario. D’importantes quantités de vivres détournées se trouveraient sur le marché en Algérie, en Mauritanie, au Mali et au Niger, certaines encore dans leurs emballages d’origines. Il est évident qu’en raison de l’importance de ce trafic, celui-ci ne peut qu’être organisé et entériné au sommet.
La facilité avec laquelle le terrorisme, qui se déploie au Sahel, se procure armes et explosifs n’exclue pas l’implication de la bande du Polisario, le trafic d’armes rapporte beaucoup plus que celui des denrées alimentaires. Selon le site Internet http://chinaconfidential.blogspot.com/, dans un article daté du 22 Avril 2008, Al Qaïda cherche à recruter ses combattants parmi les rangs du Polisario. Les conditions sont opportunes, des responsables du Polisario corrompus, des réfugiés séquestrés malgré eux, affamés et désespérés et Al Qaïda disposant d’un flux de cash et de moyens de persuasion jihadiste.

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