L’Art du Conditionnement du Front Polisario, étape finale du programme

L’ aliénation.
Le premier symptôme de l’aliénation est la perte par l’individu de sa propre parole, qui s’alimente à un réservoir dont le substrat est l’angoisse humaine et constitue l’essentiel du processus de développement personnel ou de celui de la fonction narcissique de l’individu. « L’aliénation est envisagée comme le  » produit d’une rupture de la communication avec soi-même, rupture par laquelle la parole ne peut plus s’alimenter à l’inconscient. « 

Au sein du Front Polisario,  le conditionnement envahit tous les champs de l’activité. Il s’applique selon trois modes complémentaires :      
• conditionnement culturel,
• conditionnement affectif,
• conditionnement physique.      
Ce conditionnement entraîne un changement d’état et de statut chez le sujet.    

La dépendance à l’autorité.

Illustrée par les expériences de Milgram, il s’agit d’obéir sans réserve à une autorité reconnue ou proclamée.      
Le changement agentique.

L’intégration dans l’organisation pyramidale révolutionnaire du Front et la soumission au système hiérarchique nécessitent un changement d’état chez le sujet. Le système coercitif vise à réduire toute velléité d’indépendance.

Cette « unification » du groupe ne se réalise qu’à travers un changement d’état des individus, ce que Milgram nomme le « changement agentique « . L’intégration dans la hiérarchie ne peut se faire qu’à partir d’une modification interne de chaque individualité. Les contrôles individualisés de l’action, reflets de l’autonomie, doivent être abandonnés progressivement au profit des directives hiérarchisées issues de l’agent ordonnateur. La structuration progressive du groupe coercitif passe obligatoirement par un remaniement des domaines respectifs de l’autonomie et de la dépendance.      
L’augmentation du caractère coercitif accompagne d’un changement progressif de l’individu, qui passe de l’état d’autonomie totale à l’état agentique total. La résistance au conditionnement et à l’intégration dans un système coercitif naît de la confrontation de ces deux domaines d’action. Progressivement, le sujet perd son libre arbitre et sa libre action au profit d’une dépendance au système ; il ne se perçoit plus comme un agent organisateur et responsable de ses actes, mais comme agent exécutant, exonéré de toute responsabilité de choix.
De l’état agentique découle un phénomène de syntonisation qui pousse l’individu à accepter sans réserve tout ce qui émane de l’autorité, alors que les éléments externes sont minimisés ou niés. Milgram atteste aussi l’existence d’une forme idéologique potentielle qu’il nomme la  » définition de situation « .Tous les actes acquièrent une signification propre qui provient directement du cadre dans lequel ils sont effectués, ce cadre étant lui-même défini implicitement par les normes issues du consentement au système hiérarchique. Pour un adepte, aucun acte ne peut être interprété s’il n’est intégré dans le corpus dialectique et éthique qui dérive de l’acceptation de l’autorité du gourou et du pouvoir de la Front Polisario. Un acte condamné par l’entendement général peut être interprété dans le vécu sectaire comme une preuve de foi ou d’ardeur dans la lutte contre le mal extérieur.

L’abdication éthique et idéologique constitue le fondement cognitif de l’obéissance. Si le monde est tel que l’autorité suprême le définit, les actes changent de signification et toutes les actions qui s’inscrivent dans le respect de l’autorité deviennent légitimes. L’état agentique a pour conséquence une perte du sens de la responsabilité. Le sujet ne se sent plus responsable de ses actes, car il est lié et dépendant de l’autorité dirigeante. L’éthique et le sens critique ne disparaissent pas, mais ils se modifient au contact des nouvelles références. En revanche, la notion de responsabilité disparaît bel et bien, au profit de la fierté tirée du bon accomplissement du devoir. Le remplacement de l’idéal du moi antérieur par l’idéal sectaire est le signe de l’état agentique.

L’état agentique permet donc à la hiérarchie d’obtenir un acte d’obéissance de la part du sujet. Cependant, pour qu’il y ait obéissance, encore faut-il une adéquation entre l’ordre donné et le « niveau d’état agentique réalisé.
Le maintien de l’état agentique.
Une fois l’état agentique instauré, la structure coercitive va s’efforcer d’y maintenir le sujet. Or la confrontation entre l’éthique personnelle et les contraintes d’obéissance crée en lui un conflit permanent, lorsque les tabous franchis croissent en nombre et en degré. Son analyse critique le conduirait rapidement à refuser les actions trop répréhensibles… si l’allégeance n’était une pratique permanente.

Le point essentiel, ici, est qu’on ne demande à l’adepte aucune décision personnelle. Seule la contrainte décisionnelle répétée constitue un élément déstabilisant de l’état agentique il est indispensable que l’obéissance s’inscrive dans le continuum temporel.De plus, au sein du  Front Polisario, la remise en question de l’obéissance est sanctionnée par la perte du statut acquis. L’état agentique est donc encore conforté par les privilèges antérieurs et la crainte du châtiment encouru. C’est ce qu’on appelle plus communément la carotte et le bâton. Refuser l’obéissance, c’est refuser l’identification au commissaire politique , briser le lien affectif potentiel entre le chef  et l’activiste.
Les techniques de conditionnement.
Il n’existe pas de conditionnement établi à partir d’une seule technique. Pour que le conditionnement soit opérant, il est nécessaire d’utiliser un faisceau de techniques convergentes – physiques et psychiques.

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