Enrôlement des enfants dans l’armée du Front Polisario

Depuis quelques années, la situation militaire est insoutenable. En plus de l’ennui qui sape le moral des troupes, un fort sentiment d’indignation couve au sein de cette armée. De plus en plus de voix s’élèvent dans les casernes pour attirer l’attention sur la détérioration des conditions de vie des soldats sous payés.
Les sahraouis savent aujourd’hui très bien que les membres de l’armée du Polisario ont délaissé leurs bases et se trouvent à présent en Mauritanie et en Espagne. Une partie d’entre eux a regagné le Maroc.
Les unités militaires du Polisario sont aujourd’hui presque vides. Ceux qui sont restés, pour subvenir à leurs besoins, s’adonnent à tout genre de trafic, y compris d’armes, d’où l’ouverture à répétition d’enquêtes, par les services algériens, sur la disparition d’armes fournies par l’Algérie au Polisario.
Pour faire face à ce manque d’effectifs, les responsables militaires du Front obligent les enfants et les jeunes dans les camps de s’inscrire au service militaire, ce qui entraîne souvent la colère des familles qui refusent l’enrôlement de leurs enfants.

Cette colère est d’autant plus motivée par le fait que les fils des dirigeants et leurs proches, ainsi que ceux des notables sahraouis, sont exemptés du service militaire. Mieux encore, ces enfants sont envoyés à l’étranger pour faire des études.
Les familles voient dans cette mesure imposée par le Front Polisario, une violation des droits de l’enfant et une manœuvre flagrante pour se servir des enfants conscrits aux fins de réprimer toute manifestation.
Selon les observateurs, cette opération de service militaire obligatoire a deux objectifs. Le premier vise à montrer à la communauté internationale que le Polisario n’exclue pas le retour aux armes, comme réitéré par plusieurs dirigeants du Front Polisario ces derniers temps. Le deuxième vise à détenir tous les jeunes sahraouis nés dans les camps de Tindouf et qui commencent à oser faire de l’opposition, en revendiquant le droit à la libre circulation. En fait, tous les jeunes sont conduits immédiatement à l’école militaire « Chahid El Wali » qui sert de camp de détention.
Enfin, cette opération sert également à faire du chantage aux parents qui bénéficient des échanges de visites, organisés par le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, afin de s’assurer de leur retour.

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