Amnesty International avisée sur de nouveaux cas d’enlèvement de Sahraouis par le Polisario

Les camps de Tindouf sont non seulement un centre de séquestration à ciel ouvert, mais ils continuent à être le théâtre de nombreuses disparitions forcées. Tous ceux qui osent dire non aux thèses des dirigeants séparatistes du Polisario, sont soient enfermés dans des lieux de détention secrets en territoire algérien, soient ils sont kidnappés et disparaissent sans laisser des traces de vie. Les cas de disparitions forcées sont la préoccupation quotidienne de l’Association des portés disparus du Polisario (APDP). Celle-ci a remis, mardi, à la section d’Amnesty International (AI) à Rabat, des requêtes sur deux nouveaux cas d’enlèvement dans les camps de Tindouf, contrôlé par le Polisario. Il s’agit selon l’APDP de Souih Mehdi Ben Othmane, père de deux enfants, et qui est porté disparu depuis 1977 dans les prisons du Polisario, et Omar Ould Ali Ould Khalifa, lui aussi père de 3 enfants. Il a été enlevé en 1978 près de Zag- Al Birat et n’a plus donné de ses nouvelles. La remise de ces requêtes à Amnesty s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Association visant à élucider le sort de 800 sahraouis disparus dans les camps de Tindouf, en dépit du black-out imposé par les séparatistes et les services de renseignement militaires algériens sur les geôles où les détenus sahraouis subissent les tortures et les exactions inhumaines les plus atroces. Dans ses requêtes, l’APDP impute de tels actes ainsi que les disparitions forcées, aux dirigeants du Polisario avec la complicité des services algériens du fameux DRS (Département de Renseignement et de Sécurité). En juin dernier, Ahmed Berrih, responsable des services de sécurité du Polisario dans les camps de Tindouf, a été enlevé par les services du DRS, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre secrètement le Maroc. Depuis cette date, il n’a plus donné signe de vie.

Dans de précédents rapports d’enquête remis à AI, l’APDP cite également les cas de Amouch Brahim, Aslima Bighiden tous deux disparus en 1975, Azman Moulud Derbal (enlevé le 11mars 1976) et Hamdi Ben Ali Salem Ben Mohammed Yahdih, dont la présence dans une prison du Polisario a été signalée en 1980, avant qu’ils ne disparaissent totalement de la circulation. La responsabilité de ces actes est imputée dans les divers rapports, à des dirigeants du Polisario, dont Mahfoud Ali Baiba, ancien Premier ministre de la pseudo RASD, Khalil sidi Mhamed, ministre des colonies, Mohamed Khaddad, actuel coordinateur avec la MINURSO et ancien directeur général de la sécurité militaire, Brahim Ghali, ministre de l’information et ancien représentant du Polisario à Madrid, Sid Ahmed Batal et Bachir Mustapha Sayed, ministre de l’éducation. Ils font tous l’objet de plaintes pour des « crimes de guerre, tortures, disparitions forcées, détentions illégales et graves violations des droits de l’Homme ». Dans tous ces cas, l’APDP n’est pas prête à lâcher prise tant que toute la lumière ne soit pas faite sur l’ensemble des dossiers de disparitions forcées concernant les Sahraouis des camps de Tindouf.

 

 

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